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CHEFS AUTOCHTONES DU CANADA
extrait : Piapot par Robert A. Innes

Piapot

(1816-1908)

« Je n’ai aucun doute qu’il fut injustement traité. Il fut un vieux chef honoré pendant plusieurs années et un grand guerrier de son époque. » Lord Minto

Piapot (également connu sous les noms de Payipwat ou Payepot) naquit à l’est de la Saskatchewan, à la frontière du Manitoba. Il devint un guerrier respecté, un homme d’une grande ferveur religieuse et un leader politique reconnu parmi les Cris, les Assiniboines et les Saulteaux. À l’origine on lui donna le nom de Kisikaw-awasis (parfois aussi épelé Kisikawasan) qui veut dire « Éclair dans le ciel », en référence à un orage électrique qui eut lieu la journée de sa naissance. Durant son enfance, il fut enlevé avec sa grand-mère par une tribu de Dakotas au sein de laquelle il vécut pendant plusieurs années, avant d’être repris par les Cris et remis à son peuple. À son retour, on lui donna le nom de Piapot, qui se traduit par « Un trou chez les Sioux » ou « Quelqu’un qui connaît les secrets des Sioux » au regard de ses connaissances des
moeurs culturelles « secrètes » des Dakotas.

Durant sa vie d’adulte, il acquit la réputation d’être un chasseur et un guerrier exceptionnel. Son habilité lui permit de devenir le leader des « Young Dogs », une bande mixte d’Assiniboines et de Cris. Leur territoire s’étendait de la vallée de la rivière Qu’Appelle en Saskatchewan jusqu’au Dakota du Nord et au Montana où ils chassèrent le bison et firent la guerre aux tribus Dakotas et Blackfoots. Puisque les « Young Dogs » restèrent obstinément indépendants de la Compagnie de la Baie d’Hudson, les marchands de fourrures les accusèrent d’être des agitateurs et refusèrent de reconnaître le leadership de Piapot. Selon le marchand de fourrures Isaac Cowie, Piapot répondra au rejet de son autorité en leur adressant une lettre dans laquelle il déclara : « Je suis Piapot, seigneur des cieux et de la terre ».

En 1870, quelques huit cents guerriers Cris, Saulteaux, Assiniboines et Métis sous la direction de Piapot, Little Popular et d’autres grands chefs, partirent de Cypress Hills pour lancer une vaste offensive contre les Blackfoots. Même si Piapot avait fait partie des instigateurs de cette offensive, il décida que sa bande n’y participerait pas. Quelques jours auparavant, il avait rêvé que la bataille tournerait au désastre mais fut incapable de convaincre les autres chefs d’y renoncer. Malheureusement, le rêve de Piapot fut prémonitoire puisque les Blackfoots avertis de l’attaque purent se préparer et vaincre facilement les Cris et leurs alliés.

C’est seulement cinq ans plus tard en 1875, que Piapot n’ayant pas été avisé des négociations de paix menées l’année précédente, signa le Traité no 4. Vers la fin des années 1870, plusieurs chefs qui n’étaient pas satisfaits des termes et des conditions d’application des Traités no 4 et no 6 signés en 1876, dirigèrent leurs bandes vers Cypress Hills. C’est là comme d’autres, que Piapot choisit d’installer sa tribu et que quelques-uns de ses membres y commencèrent à cultiver la terre. Le gouvernement craignit alors qu’une aussi grande concentration d’individus puisse mener à la création d’une confédération indienne qu’il serait incapable de contrôler. Le commissaire affecté aux Indiens, Edgar Dewdney, institua donc une politique de famine – aucune ration ne serait distribuée à Cypress Hills – dans le but de forcer les bandes à quitter la région. Piapot, qui fut l’un des derniers chefs à partir, vit plusieurs membres de sa tribu succomber à la maladie et à la faim. Particulièrement insatisfait de la situation, on rapporte que Piapot remit son drapeau de traité et sa médaille au commissaire Dewdney. Finalement, il s’installa sur une nouvelle réserve dans la Vallée Qu’Appelle.

Par la suite, Piapot évita de participer au conflit Métis de 1885 dirigé par Louis Riel. Toutefois, les autorités n’y virent pas une démonstration irréfutable de sa loyauté envers la couronne ni de sa satisfaction à l’égard de l’application des Traités. Aussi, afin d’assurer que Piapot ne puisse pas participer aux hostilités, le gouvernement décida d’installer une garnison sur sa réserve durant toute la période de conflit.

De 1885 jusqu’à sa mort, le gouvernement canadien au moyen de la Loi sur les Indiens, instaura plusieurs politiques destinées à assimiler les Premières Nations. Piapot résista à plusieurs des mesures instaurées et critiqua les traitements infligés aux autochtones par les autorités en charge des Affaires indiennes. Entre autres, on lui attribue une plainte contre l’agent du gouvernement pour être « tellement avare qu’il porte une guenille dans sa poche afin de se moucher par crainte qu’il pourrait perdre quelque chose de précieux ». Lorsque William H. Graham, qui avait perdu une jambe, fut nommé commissaire aux Affaires indiennes, Piapot ne tarda pas à déclarer : « Maintenant je sais que le gouvernement brisera le traité car lorsqu’il a été signé, il fut entendu qu’il durerait aussi longtemps que l’herbe pousserait, que le vent sifflerait, que les rivières couleraient et que les hommes marcheraient sur deux jambes, et voilà qu’il nous envoie un agent qui n’a qu’une jambe. »

Sa pugnacité à résister força le gouvernement à lui retirer son titre de chef de bande et à l’emprisonner. En 1894, le gouvernement bannit plusieurs aspects de la cérémonie de la Danse du soleil. Piapot, qui fut un des plus fervents leaders à promouvoir les traditions indiennes, refusa de mettre fin à cette cérémonie selon son rite ancestrale en déclarant : « Je serais d’accord pour que mon peuple ne prie pas son Dieu à sa façon, si le commissaire était d’accord pour ne pas prier le sien à sa manière. » Quelques années plus tard, il fut arrêté pour ivresse sur la voie publique mais crut que le vrai mobile était son entêtement à poursuivre la cérémonie selon son rituel d’origine. Une autre fois encore, il fut arrêté au motif de s’être opposé à l’arrestation par la police d’un membre de sa bande durant une cérémonie de la Danse du soleil. Le commissaire Graham, qui considérait Piapot comme un entêté et un agitateur, prétendra qu’il n’était pas populaire auprès des siens et tenta de le destituer comme chef. Il réussit finalement à convaincre Ottawa que la croyance de Piapot au rite de la Danse du soleil empêchait l’assimilation des indiens et en 1902, à lui faire retirer son titre de chef de bande.

Même s’il ne partagea pas entièrement la foi chrétienne, Piapot s’ouvrit à ses croyances mais dira au prêtre : « J’accepte seulement la moitié de votre religion car si vous vous trompiez, il ne me resterait plus rien à croire. » À son décès, Piapot eut à la fois des obsèques chrétiennes et indiennes car il fut inhumé dans un cercueil, alors que ses genoux selon la tradition indienne, furent placés contre sa poitrine.

Robert A. Innes

Réalisations
Chef guerrier des Cris des Plaines à l’âge de 24 ans.
Parlait cinq langues autochtones.
Signataire des Traités no 4 et no 5.
Adepte sincère des pratiques spirituelles aborigènes.


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